Khidmatoul Khadim

Allah

Cheikh Ahmadou Bamba

Le Fondateur du Mouridisme

serigne touba

Cheikh Ahmadou Bamba est né en 1852 à Mbacké Baol au Sénégal, en pleine période d'expansion coloniale.

En effet, les français installés depuis un moment sur le territoire, continuaient à étendre et asseoir leur domination. Ils se heurtèrent aux chefs militaires, aux marabouts guerriers d’alors, avec qui leurs forces coloniales venaient avec plus ou moins de difficultés à bout.

Un phénomène de « dés islamisation » s’installa sur tout le pays. La puissance coloniale et les autochtones musulmans (épris d’usages païens) de concert cherchèrent à freiner l’expansion de l’Islam, voire sa disparition.

C'est donc dans ce contexte que naquit et grandit Cheikh Ahmadou Bamba. II fut très tôt sensible et inquiet du sort de 1'Islam. II se mit ainsi très jeune en quête d'un moyen de le revivifier. A ces fins, il intégra et fut initié successivement aux trois confréries soufies alors présentes dans la sous région ; mais en vain. C'est alors qu'il entreprit cette quête dans La méditation du Coran et au bout de la huitième année de retraite spirituelle (1883), le Prophète lui apparut et lui ordonna de fonder La voie Mouridoullahi, qui est « La voie de ceux qui aspirent à Allah ».

Il lançât solennellement l'appel suivant aux disciples qu’il enseignait :

« Ceux d'entre vous qui n'étaient qu'en quête de connaissance exotérique peuvent se retirer. Le pays dispose d'assez de lettrés auprès de qui, vous pourrez trouver satisfaction. J'ai reçu à partir de ce jour l'ordre du Prophète de ne plus délivrer d'enseignement livresque. La seule éducation que je dispenserais désormais sera une éducation spirituelle. Que ceux qui veulent en bénéficier et ainsi accéder à leur Seigneur me suivent ».

Le Serviteur du Prophéte

Malgré une renommée de plus en plus croissante, la valeur de la mission de Cheikh Ahmadou Bamba n'est pas réellement perçue de tous. Ceci parce que d'une part, une vision fortement réductrice de sa vie, tend à le présenter uniquement comme le fondateur du Mouridisme, négligeant de ce fait un deuxième aspect tout aussi important de la personnalité du Cheikh, qui est son statut de « Serviteur du Prophète » Khadimu-r-Rassoul. Et d'autre part, parce que même ceux qui évoquent ce second aspect, n'en perçoivent pas la valeur réelle. La majorité des gens ignorent l'origine de cette appellation et la considère comme un titre que Cheikh Ahmadou Bamba s'est octroyé. Cette opinion est bien sur erronée; ce grade de Khadimu-r-Rassoul est la contrepartie d'un « contrat » que Cheikh Ahmadou Bamba avait signé avec le Prophète Mohamed (psl) et que son fils Serigne Abdoul Ahad Mbacké nous raconte ainsi:

En l'an 1313.H/1895, au cours du mois sacré de Ramadan, Cheikh Ahmadou Bamba procéda à la retraite spirituelle de l’Ictikâf (C'est l'excellente pratique surérogatoire de la retraite spirituelle)...

Dans la mosquée où il passa les pieux exercices de l'Ictikâf, le Prophète (psl) lui apparut en compagnie de ses Compagnons :

A peine Cheikh Ahmadou Bamba a t-il vu ces derniers, que toute sa résolution se ramena au désir ardent de s'aligner au rang de ceux-là, les Compagnons du Prophète.

Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) lui signifia :

« Cela est chose ardue, dans la mesure où ces gens là que tu vois en ma compagnie, c'est leur sang qu'ils avaient alors versé; or, l'ultime sacrifice du sang versé est une prescription abrogée ; dés lors que l'effusion du sang ne s'ordonne plus, le gage qui pourrait permettre de réaliser ce vœu sera une épreuve des plus pénibles, absolument mise à la charge du requérant qui l'assumera pleinement tout seul, sans recourir à personne, il sera tenu de l'assumer dignement jusqu'au bout.

Tu es à trois ans de la station de POLE DE L'EPOQUE, et personne ne peut y accéder avant l’âge de quarante ans.

Je peux demander à DIEU, de t’accorder une dérogation et tu y seras dans trois mois ».

Il (Serigne TOUBA) lui répondit : « cette proposition est sublime, voire intéressante, mais ma vision la transcende ; car à présent, mon ambition est de faire partie intégrante de cette légion qui vous accompagne ».

Le Prophète lui signifia:

Chaque fois,qu’une personne est arrivée à ce stade, elle m’a formulé la même demande, mais l’épreuve qui est le gage de leur admission fini toujours par la mettre dans la disgrâce .

Si cela ne dépendait que de moi tu ne t’engagerais dans cette voix où il m’est interdit de te venir en aide malgré ton affection pour moi.

Le Cheikh poursuit- « je peux certifier par serment quel que soit le poids de la souffrance que je recevrai, si mon âme y résiste, ma force morale serait en mesure de l’endosser ».Le Prophète(PSL) : « j'accepte ta requête. Par conséquent, pour entrer en confrontation avec tes ennemis, il te faudra sortir de Touba, car aucun malheur ne peut t’ y arriver jusqu’à la fin des temps ».

Le Cheikh rompit son jeûne du mois de Ramadan, pour aller se fixer à Mbacké Bâri (une localité du Djollof).

Il y est resté les mois de Shawwâl, Dhûl qicdati, Dhûl hijjati, Muharram jusqu’au mois de Safar(entre le lOème, le 11ème, le l2ème (l'an 1312) et le 1er et le 2ème mois de l'an 1313 H.)

Le Samedi de son arrestation qui fut le 18ème jour du mois de Safar, est aujourd’hui la célébration du Magal de Touba.

Après sept années d’exil au Gabon, Notre Seigneur lui signifia : « Ta Mission est parachevée, tu t’es acquitté de ton contrat ».

Elevé au rang de « Serviteur du Prophète »la prédiction du Messager de Dieu (PSL) , « qui avait affirmé à Talha que dans le futur, un homme se distinguera par sa bravoure de ses contemporains ;et heureux celui qui a vu et qui a cru, mais sera plus heureux celui qui aura cru sans avoir vu »s’est accomplit. Et plus loin, il affirma que : « heureux est celui qui vivra au XIV ème siècle de notre ère » (époque où Serigne Touba est apparu )